Première Black Session de l’année chez Lenoir. Un peu l’équivalent du John Peel à la française, Bernard Lenoir présente une émission résolument tournée vers le rock anglo-saxon, C’est Lenoir. Et régulièrement c’est l’occasion d’assister à quelques concerts privés en haute-fidélité. Le rendez-vous est pri lundi pour assister au concert de Sparklehorse, confortablement installé. Petit événement en l’occurrence, puisque qu’on était sans nouvelles de Mark Linkous (aka Sparklehorse) réduit au silence depuis 6 ans, après quelques albums beaux comme la pluie. On retrouve chez lui une mélancolie douce, et des émotions belles à pleurer. Alors quand il débute sur "Gold days", on comprend que l’heure qui va suivre va être intense. Il y a une fragilité qui se dégage de sa personne un peu hirsute, de son lo-fi faussement bancal ; mais pourtant chaque chanson est parfaitement maîtrisée, avec des arrangements sublimes et parfois plusieurs tons. Mark Linkous pioche dans son répertoire quelques titres issus du cultissime et imprononçable Vivadixiesubmarinetransmissionplot et c’est tout discrètement qu’il présentera ses nouvelles chansons plus pop, en commençant par "It’s not so hard", et plus tard "Ghost in the sky". Il avoue n’être pas au meilleur de sa forme mais les exécute pourtant à merveille, avec une méticulosité incroyable. Entouré de ses trois acolytes et soutenu par un bon public de fans, il reviendra 2 fois prolonger sa folie douce dans le studio 105. Son dernier album Dreamt For Lightyears In The Belly Of A Mountain sortait le lendemain.
Ont été jouées ce soir : "Gold days", "Sad and beautiful World", "Apple bed", "Hammering the cramps", "Painbirds", "It's not so hard", "Eyepennies", "Spirit Ditch", "Weird sisters", "Ghost in the sky", "Don't take my sunshine away", "Someday I will treat you good "
SPARKLEHORSE & THE FLAMING LIPS | go (mp3) reprise de Daniel Johnston issue de Discovered Covered -The Late Great Daniel Johnston
C’est d’une façon un peu étrange que tous les piétons du Parc de la Vilette convergent vers le Cabaret Sauvage avant minuit. Et pour cause : c’est carte Blanche à Vitalic, qu’on verra entouré de ses amis du soir : The Micronauts, Jojo de Freq, John Lord Fonda, Monosurround, et Jun-X! L’événement à de quoi surprendre : on était sans nouvelle de lui depuis son dernier passage à Paris, c’était à Rock en Seine l’année dernière, pendant que les Pixies terminaient gentiment leur concert. Le live de Vitalic plutôt réussi m’avait un peu déçu : on peut se demander ce qu’il font derrière leur laptop. Finalement seuls ceux qui jouent savent ce qu’ils font. La faute à un déficit visuel le plus souvent.
Clubbing bonsoir. A l’arrivé le ton est donné : électro-clash et house discoïsante. Difficile de savoir qui joue quoi, mais le son monte et la salle se remplit vite. The Micronauts démarre un Dj set très convaincant, jouant à soulever un public particulièrement réceptif. D’ailleurs l’excellent « this is going to make you freak » de LFO nous grille quelques neurones. On est loin de l’ambiance pipes-et-coke habituelle (quoique), et c’est avec plaisir qu’on remarque que le dj dijonnais brasse un public plutôt large : rockeurs, clubbeurs ou simples curieux. Après l’installation d’un fin rideau blanc et une intro sur Polkomatic, Vitalic est accueilli comme une superstar. Cette fois, ils ont mis le paquet : le light show et vidéo démarrent et ce sont les étoiles qui remplissent la salle (un peu le même procédé que Gorillaz à la Cigale en 2002). Roi du mix, il enflamme le public par quelques plages de synthé rêveuses et alterne avec de puissants riffs de machines. On pense inévitablement à Daft Punk à qui il rendra discrètement hommage. C’est ultra efficace, parfaitement monté. Il enchaîne No fun et La Rock 01 en version karaoké nous invitant à hurler les « laa la la la » (suivis en cœur). Il y a les fanfares de Valetta (un peu courtes), Poney part 1 et My friend Dario en versions longues purement extatiques où à peu près tout le monde communie au gros son des guitares. Pas le temps de dire ouf, on est trempé de bonheur. Et en 1h30 c’est déjà fini après un rappel trop bref. « John Lord Fondaaaa » comme dirait mon voisin de bar, prend la suite vers 3h30 avec brio. Et du courage.
Au départ vidéo arty du label Pleix/Warp intitulée Birds, elle s’est imposé comme le vidéo-clip très réussi de Poney part one.
Pour terminer l’édition 2006 en beauté, le festival Sous la plage s’est installée le temps d’un pique-nique dans le domaine du Parc de Saint Cloud. Il faut dire que depuis le début de l’été, Sous la Plage nous fait découvrir la fine fleur de la musique actuelle. Résidant habituellement au Parc André-Citroën à Paris, l’édition 2006 « Un peu plus à l’Ouest » nous a même emmené sur la plage de Saint Malo pour un week-end dans le cadre de la Route du Rock ! On a notamment découvert grâce à eux Battles, 31 Knots, the Pipettes et bien d’autres. Les installations ludiques ou insolites ne manquent pas, il y a eu un safari nocturne, du oola-hoop, des installations lumineuses, un atelier de transat tuning… Alors pour la dernière, l’équipe de Sous la Plage a déballé une nouvelle fois sa boîte à jouets autour du bassin du fer à Cheval. Au programme de ce dimanche : déambulation, dégustations, mur de coloriage, et ateliers découvertes en tout genre pour les petits. Il y a même une initiation au mix ! Pour les plus grands, Syd Matters et Dirty Sound System (en fait la bande D*I*R*T*Y responsable notamment des fameuses compilations Dirty Diamonds) sont à l’affiche. Très inspirées, les chansons de Syd Matters évoquent les Pink Floyd et Robert Wyatt, un mélange de folk urbain et de pop lumineuse. A coté de la scène on reconnaît le dessinateur Luz venu faire un dj set, et Vincent Maston (sac à dos, barbe et sourire béat) parmi les photographes. Allongé sur la pelouse, la musique de Syd Matters prend toute son ampleur. Black & white eyes et quelques nouveaux morceaux viendront clore le concert. On ratera malheureusement le « buffet performance » qui suit, mélangeant pour les disciplines : théâtre, cirque et musiques électroniques (!) Alors qu’est-ce que l’edition 2007 nous réserve ? De bonnes surprises, j’en suis certain, toujours ambitieuses et décalées.
En souvenir un dossier contenant quelques bons clichés à télécharger. Merci Ombeline!
Tecnicolor fait éclater les couleurs, les genres et les disciplines autour d'une envie commune : ecouter la musique autrement. Lire, illustrer, filmer.