Parce que il n'y a pas que Philippe Manoeuvre qui a droit de faire sa discotheque idéale, retrouvez ici chaque semaine un disque indispensable à un moment de notre vie, bref une oeuvre qui nous a vraiment marqué. Découvrons cette semaine le disque de... TTC - Ceci n'est pas un disque Rap conscient, gentillement subversif et très ironique ; ça fait du bien d'écouter des textes intelligents joués comme du hip hop expérimental. Cassures de beats, samples désuets et flow à contresens. TTC distille au fil des mots une vision très détachée, sans illusions, sur une société ou tout est trop vite étiqueté. Bref on y trouve l'alternative au rap consensuel, sans les clichés des cités ni la haine envers toute forme d'autorité ou d'institution. Ceci n'est pas un disque ordinaire: les morceaux sont très bien construits avec le petit peu de fraîcheur nécessaire à une nouvelle approche du rap français, qu'on doit aux influences directes des labels Warp et Ninja Tune, voire à une écriture presque cinématographique (flashbacks et destins croisés de la "reconstitution" d'une scène). Bref TTC c'est un vertable mouvement alternatif au sein du hip hop à la française. Big Dada/V2 (2002)
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Trop bien: invitée à l'enregistrement de la Bande Passante sur RFI, nous retrouvons ce soir un public d'initié venu écouter Brigitte Fontaine à la Fleche d'or. On ne s'étendra pas sur la chanteuse Adrienne Pauly en première partie. Place à la reine des kékés! Pour Brigitte Fontaine, la chanson est un art populaire, qui doit toucher le maximum de gens. Ce soir-là elle nous culbute en pénétrant son château intérieur. La forteresse est hantée par des muses nostalgiques et violentes. La reine de kekeland promène son public de pièce en pièce et l’abandonne dans la chambre aux tortures, « où le chrome et le nickel attendent leur pâture » … La visite est douloureuse. Affligée d’être interrompue dans son art, elle affiche un dédain étudié à l’égard d'Alain Pilot lorsque l’interview commence (enregistrement de l'emission oblige). Refusant de s’asseoir, par principe, elle entonne un hymne aux accents libertaires et féministes en brandissant haut le poing. « Ouais ! » lance-t-elle avec une voix rauque. « Je lui cloue le bec ! », hurle-t-elle, conquérante. La reine du paradoxe poursuit sa liberté jusque dans ses réponses laconiques. Brigitte Fontaine ne répond pas aux questions posées puisqu’elle a décidé que « ça ne les intéresse pas du tout ! » ; elle joue avec l’enthousiasme d’un enfant et provoque avec une ironie adolescente. « C’est de la fusion des contraires que peut jaillir la liberté ». Elle éclaire avec ces mots le leitmotiv lancinant qui remplit ses chansons de dilemmes dissonants. Son contraire à elle, « c’est Sardou, que Dieu l’aide… », raille Brigitte, consternée par la bassesse de ses contemporains. Elle admet toutefois l’efficacité des clichés dont « la metro » nous a abreuvés… Ah que la vie est belle : la Fontaine laisse l’inspiration monter en elle. Elle attend un souffle divin, laissant les violons grincer d’impatience. Puis la bête se met en branle, dans une danse démembrée et presque sensuelle. Faisons mentir le titre de son album sorti en 1968 : artiste surréaliste, farouche et déjantée, désabusée mais libre, Brigitte Fontaine n’est pas folle. Sur scène, c’est une vague de fraicheur cynique. La plongée s’achève dans « la nacre et le porphyre » aux accents oniriques.
BRIGITTE FONTAINE le château intérieur (mp3) extrait du nouvel album Libido
C'est officiel, les Daft Punk viendront jouer à Paris au mois de juin! L'annonce à de quoi surprendre: on ne les avait pas vu dans la capitale depuis un paquet d'années. Guy-Manuel de Homem Christo & Thomas Bangalter (aperçu dernièrement à la soirée Alors les filles, on fête Noël?) seront sur la scène de Bercy le 14 juin 2007. On murmure que les places seront mises en ventes uniquement via myspace, fin décembre ou début janvier. A bon entendeur... A noter que le film Daft Punk's Electroma présenté au dernier festival de Cannes devraient paraître en 2007 sur les écrans.
Une petite nouvelle qui fait plaisir: Zombie-Zombie, le duo krautrock emmené par Etienne Jaumet (saxophonistes des Married Monk) et Neman d’Herman Düne vient de sortie son premier EP chez BoomBoomTchak! Records. La formule est simple: claviers analogiques et batterie. C’est percutant, disciplinaire et carrément affolant. Pas étonnant donc d'y retrouver dedans les sonorités teutonnes et revendiquées de Can ou Neu!, et des bo de John Carpenter, Romero et Argento. La galette est en vente sur leur site.
Parce que il n'y a pas que Philippe Manoeuvre qui a droit de faire sa discotheque idéale, retrouvez ici chaque semaine un disque indispensable à un moment de notre vie, bref une oeuvre qui nous a vraiment marqué. Découvrons cette semaine le disque de... GODSPEED YOU! BLACK EMPEROR - Yanqui U.X.O. Pas de paroles, libre cours à la musique. Déjà dix minutes qu'on écoute la première partie de l'album, et voilà qu'on se laisse emporter à la frontière du rock et de la grande musique. Godspeed n'est pas un groupe ordinanire. pas questions de chansons ou de formats. on prend son temps, les mouvements se suivent et ne se ressemblent pas. Au calme glacé et torturé succède une envolée magique; la batterie n'entre en scène que lorsque les cordes manquent de casser, que la basse métronomique se décide à accélérer. Les mouvements s'enchaînent entre improvisation ou réflexion; impossible de faire une pause. entre les mains de Godspeed, la musique acquiert un pouvoir immense, capable d'entraîner sournoisement l'auditeur dans une ivresse symphonique incontrolable ou dans un état léthargique second. Ce n'est plus un disque, c'est une expérience. une oeuvre vivante boulversante, une démarche introspective ahurrisante; aucun superlatif n'est en mesure de décrire l'emprise de leur fabuleuse musique. Constellation/Chronowax (2002)
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Au vu du line up de malades, j’aurais aimé m’étendre plus sur la soirée. Mais la mega-fête We Love Traxautour du numéro 100 organisé à la Cité des Sciences et de l’Industrie n’a pas vraiment tenu ses promesses. Para One, malgré une technique de folie ne parvient pas à partir en live, Justice prend la pose et on s’ennuie, TTC s’agite mais fait du sur place, bref vers 3h We Love Trax avait un goût amer - bières à 6€ SVP… N’empêche qu’après tout a basculé, que Superdiscount a demarré au quart de tour et fait monter la pression avec classe, avant le déluge de Modeselektor pour un set absolument énorme ! Au fil des morceaux leur mélange de hip-hop-électro-punk-et-r'nb se révèle de plus en plus tordu et force l'admiration. Rien que ça, oui madame. Un pur moment de joie. Alors voilà, la nuit à la Cité des Sciences s’est finalement très bien terminée.
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