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Misirli Ahmet à Babylon


Envoyé spécial à Istanbul pour les 4 prochains moi, je découvre un peu plus chaque nuit ce qui fait le charme de la ville. Le centre de Taksim ne dort jamais, et ce soir nous découvrons ce le Babylon. Une salle de concert magnifique, entre le club de jazz et le club electro. Ici, la prorgrammation change tous les soirs: djs electro, rock pointu, chansons élegantes et superstars traditionnelles. Le Babylon a déjà accueilli des pointures internationalles en prenant soins de brouiller les frontières entre les styles: Stereolab, Amon Tobin, Jane Birkin, Birdy Nam Nam, Orishas... la liste est longue. La salle est pleine ce soir pour accueillir Misirli Ahmet, un joueur de derbouka hyper respecté.
Seul avec sa percussion, il possède une technique imparable et démarre très fort. Il utilise une technique qui l'a rendu célèbre dans tout le bassin méditerranéen, avec deux doigts de sa main. Il possède ce truc en plus, un jeu de frappes qu'il alterne avec des petits grattages avec ses ongles; c'est impressionnant. Quand il s'arrête c'est pour raconter comment il est parvenu jusque là, depuis une enfance extrêmement pauvre à scotcher devant les magasins de percussions, aux scènes du monde entier. Nous on assis autour d'une table avec une Efes locale (la bière en bouteille n'est pas donnée). La mise en scène est finement menée, utilisant un diaporama de photos d'Egypte, du desert et du cosmos. Il y a parfois une lumière de l'intérieur de la derbouka pour faire écho aux photos du soleil couchant. Misirli Ahmet frappe à une vitesse incroyable on dirait qu'il a 40 doigts: impossible de rester visser à sa chaise! Plus fort que -M- sur la version live de "Mama Sam", il entraine le public à frapper en rythmes, et ça marche à la perfection. On en redemmande. Il rejouera sa "Ballade du Caire" ("3 A.M. in Cairo") en rappel, et terminera sa performance sur une standing ovation largement méritée.

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