Fini les vacances! Fatigué? Déprimé? Envie d'un peu de lecture, de revisiter le mythe Bob Dylan par exemple? Ca tombe bien, il y a quelques hors-série des Inrocks, qui lui sont spécialement consacré, à gagner. Folk, poésie, rock et politique, ce hors-série explore en 100 pages l'univers du chef de file de la contre-culture des 50 dernières années. Musique, littérature ou cinéma, Bob Dylan a été l'influence fondamentale de plusieurs générations : de Martin Scorsese à Donovan en passant par Greil Marcus ou François Bon jusqu'à la nouvelle vague folk, tous se revendiquent "héritiers" de Dylan et offrent ici leur vision de ce mythe vivant. La question: Depuis le 3 mai 2006, ce bon vieux Dylan fait le DJ pour une radio américaine. Oui, mais laquelle? Rendez-vous sur la page concours pour participer.
Éreinté par la fatigue et la crasse, c’est avec léthargie que nous nous rendons a la plage de st Malo où devait avoir lieu le DJ set de Oliv suivi du concert de The Gentlemen Losers. Oliv, dj from w-h-y nous délectera d’un mix éclectique, aux allures minimalistes me plongeant en plein sommeil sous acides accueilli a bras ouverts par James Holden. Il fait beau, les serviettes sont l’apanage du moment, je trempe mes pieds dans l’eau. Toujours en alerte, nous restons pour Genleman Losers, titre qui met déjà en exergue ma virulence a l’égard d’une pseudo légèreté non assumée au service de musiciens écervelés venus nous plonger cet instant classieux introduit par notre dj set dans une fête de village triviale tintée de ska punk tintant les remparts de la ville sous leurs aspects les plus obscures. Le groupe a mis 30 min à s’installer, geek en tous genres, croisé de Dream Theater et des pires outrages de la fin des Pink Floyd, le concert est une sommité de mauvais goût. Nous levons le camp pour le fort, où les mythiques Sonic Youth nous attendent, et qui malgré ma méfiance à l’égard des mythes me rend déjà fébrile. Arrivé du groupe, le son est là, Daydream Nation en visuel de scène, la bassiste affiche cette énergie intacte, le groupe est resté sincère, cette humilité qui restée au fil du temps fait preuve de prouesse dionysiaques dans le monde lugubre et éphèmère du rock. J’adore. Le concert aura duré pour tout et pour tout 1h45, énorme set, que j’ai fini par suivre en retrait, ma fébrilité corporelle ayant raison de mon état. Chaque titre annonce le meilleur à venir qui à la fin du set permet de saisir que le meilleur était constant durant tout le set. Fin du concert sous la tente des labels, nous sommes claqués, il reste Turzi et LCD Soundsystem, la machine arrière est impensable.

J’arrive un peu sur le tard quand Turzi fait frémir les premières nappes, ma pizza fut longue à préparer. Le groupe, typique d’une formation élevée au grain versaillais affiche des tenues sobres, une attitude froide et rigoureuse, en plein krautrock, espace-temps à la croisée de Can et de Krafwerk, le groupe ultra référencé transmet avec justesse la quintessence d’un rock métallique. Le public pavane dans ses baskets, reste de marbre face à cette cosmik music qui n’atteint pas les masses. Dommage. Petit break, le temps d’installer le matériel, le set de LCD Soundsystem va commencer en retard… Les multiples instruments sont installés, LCD est avant tout une formation electro rock de live ! Le groupe commence à jouer quelques accords, James Murphy arrive, massif, subtil et puissant. Ce que j’avais ressenti sur disque devient transcendantal sur scène: le groupe sait allier expérience, finesse et passion. Le résultat est une formation rock de rêve, un son d’une précision redoutable, des montées en forme d'hymnes qui en live vous fournissent une agitation corporelle mettant votre corps sous de multiples denrées psychotropes. La soirée s’achève donc sur mon meilleur concert, je repars ravi de cette édition 2007, épuisante, mais fantastique. (en photo Sonic Youth, crédit Delgoff)
Quand les têtes (fatiguées) sortent de la tente il est midi, largement temps d’aller à St Malo retrouver Le Palais du Grand Large qui accueille Oliv de l’excellent w-h-y.org en dj set. Mais c’est Sebastien Schuller qu’on est venu voir, en piano solo pour l’occasion. On connaît bien le bonhomme, auteur de superbe premier album en 2005 et maintenant d’une collection de BO instrumentales. Aidé par quelques sons préenregistrés, les notes au piano volent. Et lui s’excuse très simplement pour les soucis qu’il rencontre avec son iBook. On retrouve cette mélancolie et ses battements de cœurs qui animaient déjà les balades de Happiness. Et ça fait plaisir d’écouter depuis le Palais face au vent et à la mer qui s’agite au dehors. A la sortie on a envie de prolonger l’ambiance jusque sur la plage pour prendre quelques bières. Quelques temps plus tard, on se retrouve à attendre la ou plutôt les navettes. Et ouais les conducteurs sont eux repartis au Fort. Il y a des embouteillages sur la route parce que ce soir c’est le grand soir : celui du retour des Smashing Pumpkins après sept ans d’abscence. On prend quand même le temps de zapper The Bernard Lakes (dommage) et de retrouver les copains au camping. Quand on arrive bien déchiré pour voir le groupe de Chicago on ne retrouve plus que Billy Corgan et Jimmy Chamberlin de la formation originale. Peu importe, le public est conquis d’avance. Les vieux hits "Tonight, tonight", "Zero", "Stand inside your love", "Bullet with butterfly wings" et autres faces B me renvoient à mes vieilles cassettes et à une excitation toute adolescente, c’est incroyable.

Malheureusement le nouvel album que Billy tente maladroitement de vendre – « You know we have a new record ? Called Zeitgeist ? » - est en fait une sombre crotte. Les sentiments sont partagés : Comment un groupe de cette envergure a pu devenir une telle caricature de lui-même ? On hésite maintenant entre la galette saucisse et le sandwich chicken pepper. Retour au bar où on danse pendant que les guitares 80s de New Young Poney Club s’affairent sur scène. On compte quelques bonnes chansons, mais ce n’est rien comparé à ce qui nous attend : CSS pour Cansei der Ser Sexy. La pression monte avant de voir débouler les cinq filles sur une scène remplie de ballons, à balancer des tubes et à se lancer des coussins. Premier titre et premier inédit : "Jager yoga" fait l’effet d’une bombe. Mélange survitaminé de riffs punk et de beat dancefloor, ici l’energie l’emporte sur la technicité. C’est provocant, idiot mais terriblement dansant, alala ! J’ai déjà la nuque qui souffre. Les CSS finissent la soirée sur l’évocateur "Let’s make love and listen to death from above". Il faudra un peu de temps après ça pour regagner sa tente. (credit photo Delgoff)
On the road again! La Route du Rock est une étape incontournable, et cette année encore on vient y découvrir les nouvelles têtes et applaudir les révélations de l’année passée. Ce soir The National et Justice ont mis le paquet. Les tentes sont vite montées au camping, on fonce à St Malo manger quelque chose et retrouver Anna Ternheim annoncée sur la plage à 17h. Victime des caprices d’une météo traître, l’organisation a finalement déplacé le concert. Retour au camping du fort de St Père pour l’apéro, qui se prolonge jusqu’à 22h - pendant ce temps-là Herman Düne joue sous la pluie, on s’en remettra. Matt Berninger de The National enchaînent les chansons avec une beauté fiévreuse quand nous pénétrons dans le fort vauban. Leur album Boxer est un indispensable de l’année. C’est une première claque, ils sonnent juste avec une sincérité et une émotion à fleur de peau. "Fake empire" résonne dans le fort, les nuages finissent par se dissiper. Ce genre de chansons qui vous prend aux tripes, The National les interprète à merveilles : "Start a war", "Mr November" etc. Difficile de passer derrière. Art Brut malgré une très bonne prestation (Eddie Argos est un putain d’animateur) ne parvient pas à convaincre tout à fait. Les morceaux sont efficaces, la verve du chanteur d’une nonchalance exquise, mais fautes de fantaisie on s’ennuie un peu. C’était autre chose dans les locaux d’Inter en juin.Cette année les jetons de bières sont ronds et prennent plus de place dans la poche. Peu importe ils filent à toute vitesse. Je retrouve mon critique rock préféré et toute la bande au stand des labels. Beaucoup de disques et des petits prix.

The Go! Team monte sur scène, que faire? J’entends des éloges formidables sur la troupe de Brighton depuis longtemps, mais j’ai un très mauvais souvenir de leur concert au festival des Inrocks 2005. C’est bien fichu au début, six musiciens dont deux batteries. La minute qui suit c’est la catastrophe on croit même à une blague. On comprend que la jeune fille en minijupe, sortie tout droit d’un clip de MTV black, fait vraiment partie du groupe. Beaucoup d’influences, ça pique à droite à gauche, mais le mélange à tourné. La chanteuse qui demande d’allumer les briquets, de balancer les bras en l’air, de bouger les fesses en cadence… Finalement on préfèrera le bar, en attendant Justice avec impatience. Il y a maintenant une croix en néon blanc et deux murs d’amplis simili Marshall (marque fétiche du hard rock). Depuis la sortie de leur album, le duo parisien est devenu un phénomène et pour cause, leur électro lourde hyper compressée enflamme les dancefloor. Y compris à St Malo, qui tremble et qui d.a.n.c.e. On y retrouve une filiation évidente avec Daft Punk, un tempo souvent lent et des distorsions à la croisée du métal et de l’electro hardcore. Le set est parfaitement rodé, terriblement efficace. Bien mieux qu’à Paris sur la péniche Concorde Atlantique où les plombs avaient pété à 6 reprises ! Les corps s’affolent, le mien décolle. Dans le fort on sent une union véritable entre le public malouin et les deux justiciers. Aucun doute, ils sont partis pour durer. Retour au camping pour une after la tête sous les étoiles. (en photo Justice, crédit Delgoff)
C'était à la Fleche d'or lundi dernier avec Beirut et le Kocani Orkestar, après les live de Jeremy Warmsley, Inlets, Sebastien Schuller, Dabid-Ivar Herman Düne et Sidi Ali. Aux alentours de minuit Zach Condon de Beirut (avec qui j'ai pu échanger quelques mots au bar) a pri le micro et enchaîné quelques morceaux, moi j'étais assis tout près un peu à gauche avec un sourire ravi d'une oreille à l'autre. Sur la fin de "Mount Wroclai" onze macédoniens tenant dans leur bras trompettes et belaffons ont débarqué du fond de la salle, se sont frayé un passage jusqu'au devant de la scène. A partir de là le public de la Fleche d'Or pleine à craquer s'est levée comme un seul homme et le Kocani a joué jusqu'à deux heures du matin. Chryde avait la voix coupée, Zach un sourire de gamin et la Fleche d'Or n'a pas fini de danser, relançant à chaque fois l'orchestre pour un rappel de plus. Pour voir cet vidéo et beaucoup d'autres en super qualité, allez donc faire un tour sur la Blogothèque.
Quittons quelques peu les sphères de l’électro et son univers farineux, pour revenir aux sources, celle de notre bonne France. Présent sur le dernier projet de Fuzati intitulé le Klub de 7, James Delleck nous laisse ici une vidéo fait maison, introduction promotionnelle à la futur venue de son album, qui moins acide qu'à l'accoutumé, n'en manque pas pour autant de cette finesse qui laisse glisser entre chaque mots une réflexion qui révèlerai de nous une part de vulgarité mais qui chez lui résume tout sa subtilité, l'art et la manière de parler crûment avec ce talent qui faisait la renommée de notre aîné, j'ai nommé le bien aimé Marquis de Sade.
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