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Vic Chesnutt! Black Emperor

vic chesnutt maroquineriePendant longtemps, Vic Chesnutt s’est fait connaître du seul cercle des initiés. Celui qu’on considère à juste titre comme l’un des meilleurs chroniqueurs folk actuel donnait vendredi dernier un concert d’une intensité rare, dense et noire. Les Nuits de l’Alligator accueillaient à la Maroquinerie le petit bonhomme, auteur inspiré de grandes chansons et d’une douzaine d’albums à la beauté solaire. Prisonnier d’une chaise roulante depuis un accident de voiture en 1983, Vic Chesnutt a pendant longtemps entretenu un dialogue avec le suicide (Drunk et Is the Doctor Happy?). Depuis son écriture a gagné en espérance. Sur scène, c’est en compagnie de Guy Picciotto (Fugazi) et des canadiens de A Silver Mount Zion qu’il se produit, associant dans chacun des titres de North Star Disaster la densité noire du label Constellation (Godspeed You! Black Emperor, Fly Pan Am) et ses mots superbes qui dans sa bouche résonnent pour l’éternité. Voir Vic Chesnutt en concert relève du témoignage. Tout dans sa musique appelle à la grâce, portée par les arrangements symphoniques qu’on appréciait déjà chez A Silver Mount Zion : "Everything I say", "You’re never alone" et "Debriefing" soulèvent les corps. Les chœurs inquiets sur "Glassolallia", eux, sont à tomber.
Lui qui déteste les silences s’amuse à combler l’espace. Il rie volontiers sur sa condition et aime discuter avec son public. Le rappel se termine sur "Over" une ballade magnifique aux paroles idiotes qu’il joue à rallonge seul sur sa guitare pour enfant, en attendant qu’on vienne le sortir de scène. On est touché, bousculé, on a pri ce soir une belle leçon de musique, la tête un plus près des étoiles. (crédit photo Damon Allen Davison)

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