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Angoulême, je t'aime

shaun tan agouleme 2008Angoulême c'est fini. C'est un australien, Shaun Tan, qui remporte le prix du meilleur album pour "Là où vont nos pères" (Dargaud) en traitant ici le thème de l'immigration sous une forme métaphorique, convoquant une imagerie fantasmagorique. Isabelle Pralong remporte le prix révélation pour "L'élephant" (Vertige Graphique) ; quant au nouveau prix du pubic Fnac-SNCF, il a été décerné à "Kiki de Montparnasse" (Casterman) de Catel et Bocquet. Plus de 80 albums étaient en compétitions cette année, parmis lesquels "Acme novelty library" de Chris Ware, "Adele Blanc-Sec" de Tardi, "Le chat du rabbin" de J.Sfar, "Chroniques birmanes" de Guy Delisle, "Epuisé" de Joe Matt, "Le grand autre" de Debeurme, "Gus" de Christophe Blain, "Ile Bourbon 1730" de Apollo & Trondheim, "Pascal Brutal" et "La vie secrète des jeunes" de Riad Sattouf... Autant de lectures qui ont rythmées mon année 2007 ou qu'il reste à découvrir.
Le festival d'Angoulême c'est aussi 4 jours de manifestations créatrices et de rencontres fantastiques. Quelques concerts de dessins ont eu lieu, notamment Thomas Fersen illustré par Joann Sfar, ou Yolande Moreau illustrée par Pascal Rebaté. Une rencontre spéciale aussi entre le multi-instrumentiste Areski Belkacem et José Munoz, président du festival 2008. Un beau match d'impro s'est déroulé entre les équipes de Spirou et Fluide Glacial et s'est terminé dans un mouchoir de poche: 9-8 pour Spirou! Les 24 Heures de la bédé ont réuni plus de 200 participants, professionnels, amateurs ou étudiants autour de la réalisation d'une BD individuelle de 24 pages en 24 heures avec pour seule contrainte la suivante: "La page 12 (couverture non comprise) doit mettre en scène une réunion de famille". Tous les travaux sont disponibles en lignes, y compris ceux de Frantico et Etienne Lécroart qui valent vraiment le détour.
Enfin, le meilleur pour la fin: Dupuy & Berberian ont reçu le grand prix de la ville d'Angoulême 2008, ce qui fera du duo à 4 mains les présidents du jury 2009. C'est peu dire qu'on apprécie les travaux de ces deux auteurs complets, rencontrés presque par hasard à Istanbul. Ils ont su developpé depuis une quainzaine d'années une identité commune entre humour et introspection, ironie et sensibilité, dans le "Journal d'un album" (l'Association), les "Monsieur Jean" et leurs divers carnets d'illustrations. Vivement l'an prochain.

100 bédés indispensables

concours inrocks 100 bd indispensablesConcours. A l'occasion du Festival international de la BD d'Angoulême, Les Inrockuptibles fêtent la bande dessinée avec leur hors-série 100 BD indispensables. Avec ce palmarès des 100 meilleures BD de tous les temps établi par la rédaction, Les Inrocks racontent à leur manière un siècle de BD à travers les albums choisis pour aboutir à un passionnant état du genre en 2008. En naviguant dans toutes les familles qui composent le vaste monde de la BD (romans graphiques, mangas, comics…), ce hors-série établit des passerelles entre les différents modes de narration et dévoile les filiations entre les auteurs qui ont inventé les ptits Mickeys hier et ceux qui font la BD d'aujourd'hui et demain : un véritable guide de la BD avec une jolie couverture dessinées par Charles Burns.
Question: Pour quelle oeuvre Charles Burns a-t-il reçu le Prix Essentiel du Festival d'Angoulême 2007? Envoyez votre réponse par mail avec votre adresse à manu arobase chezmanucbien point net, en objet: j'aime la bd. Il y a 5 hors-séries à gagner. Les gagnants seront prévenus par mail.


Pouvoirs magiques


Quand elle a commencé à sortir des disques il y a plus de dix ans, personne n’aurait parié un kopeck sur le futur de Chan Marshall alias Cat Power. Les années ont passé, et ses disques sont devenus des aires de repos, des véritables refuges en cotons. Cat Power sait habiller comme personne ses chansons d'une voix soul-folk dotée de pouvoirs magiques, et Jukebox (Matador) son deuxième album de reprises après The Covers Record en 2000, n’échappe pas à la règle. Hank Williams, James Brown, Bob Dylan, Joni Mitchell ou Nick cave, toutes semblent avoir depuis toujours appartenus à Cat Power.
Heureux comme tout de retrouver le charme de l’américaine ce vendredi, je me dirige dans le petit studio de Virgin Radio pour un concert en toute intimité, seulement une petite cinquantaine de personnes est là pour l’entendre. Conforme à sa réputation et pas vraiment à l’heure, c’est sa présence scénique qui capte tous les regards. On la dit incontrôlable et passablement névrosée, une fois exposée au public c’est à coeur ouvert qu’elle se donne, qu’elle se balance en permanence, et reprend depuis la profondeur de son âme des classiques largement revisités. Si les titres sont parfois inégaux, "Metal heart" puis "Lost someone" me fichent d’un coup d’un seul des frissons pour une heure entière, et pourtant dans le studio la climatisation est à son maximum. Elle incarne un personnage difficile à cerner, d’une humeur changeante, qui fait des grimaces au public pour l’instant d’après se livrer dans une chanson. Mais c’est tout ce qu’on aime chez une femme, son caractère magnétique et sa confusion caline. En un mot, féline.

Dans le club

Inauguré en grandes pompes (pointues) la semaine dernière, le Social Club a repri la suite du Triptyque au coeur de la capitale. La programmation y est excellente paraît-il. Il est bien loin le temps où le fameux domicile situé en plein coeur de Paris était encore une imprimerie, celle d'où sortira le quotidien l’Aurore, dans lequel George Clémenceau publiera le célèbre « J’accuse » d’Emile Zola. C’est aussi après être passé dans cet immeuble de la presse française, que Jean Jaurès fut assassiné, juste en face au Café du Croissant. Et puis nous voilà mercredi dernier convié à la fête dans un univers retro futuriste, où l'open bar eclipse joyeusement la compagnie pourtant attachante d'Etienne de Crecy et ses complices. Difficile aussi de voir dans la présente agora l'ecletisme des genres et des publics que le Social Club cherche à formuler. A la tête du club on retrouve pourtant quatre personnalités largement reconnues dans leurs domaines: Arnaud Frisch & Antoine Caudron (festivals Astropolis et Cabaret Remixé ; label et tourneur UWe ; musiques de films…), Manu Barron (création de la Condition Publique ; programmation du Printemps de Bourges, de Dour et Villette Numérique ; action culturelle de la Fnac…), et un certain Antoine Canton dont à vrai dire on ne sait pas grand chose. La Social Club affiche fièrement une programmation electro impeccable pour les semaines à venir: il y aura 2 Many DJs, Carl Craig, Sebastian, The Micronauts, Birdy Nam Nam, Troublemakers, Teenage Bad Girl, Scratch Pervert, Ivan Smagghe, So Me, etcaetera etcaetera.

CONCOURS. Allez-y vous même samedi soir, on y entendra Extrawelt live (Traum Schallplatten/Cocoon/DE), le Sonic Crew (Astropolis/FR) et Mikhail (GetThe Curse/FR). Ce sont dix places qui sont reservées aux plus rapides d'entres vous. Envoyez un mail à manu arobase chezmanucbien.net, en objet: buena vista.

Spleen et idéal

Carte blanche à Spleen. Alors que son nouvel album ne devrait sortir qu'au printemps prochain, le petit génie de la soule à la française a rassemblé le collectif parisien qu'il a fondé avec ses amis transatlantiques de Cocorosie et Devendra Banhart, pour trois dates uniques, magiques et gratuites. Ce collectif, The Black and White Skins, est un voyage original aux multiples destinations (folk, rock, soul, rap, jazz), qui dépasse les frontières et casse toute logique de classification. Autoproduit en 2005, le premier volume rassemblait déjà Devendra Banhart, Cocorosie, Anthony et une certaine Bat for Lashes qu'on découvrait à peine. Le jardin d'hiver 2008 de Spleen devrait attirer du monde et pour cause! Sa résidence accueillera à la Flèche d'Or (Paris) Yael Naïm, Hindi Zahra, Cibelle et Felix Zinger le mardi 29 janvier ; Gaël et Rosie de Cocorosie, Lippie, Hugh Coltman, Joseph Leon et Tez le 5 février ; et enfin Pauline Croze, Keziah Jones, Jono Mc Clerry et Ardzen le 15 février. Un conseil, soyez en avance!
Vous l'aurez compris, S
pleen est un petit garçon à la recherche d'un domicile dans le coeur des gens. Spleen est idéal.

Custom c'est bien

Avec l'idée toujours en tête de vouloir être les premiers à lancer une nouvelle hype, les soirées Custom jouent maintenant la carte de l'electro-pop alternative dans le 11ème arrondissement, celui du Nouveau Casino. C'est encore une belle affiche toute anglaise (ou presque) qui réunira Terry Poison, Spektrum et Stateless mardi 22 janvier. Les Tarantino de la pop Terry Poison, emmenés par une sorte de Gwen Stefani sous acide manient efficacement les samples et les riffs de guitares. Le quatuor de Brighton Spektrum renvoie au manimalisme funk d'ESG, en y incorporant des synthés agiques et un groove destructuré. C'est carrément pipe et coke, ça a le mérite d'être rigolo, je colle le clip juste là en dessous. Enfin Stateless n'utilisent pas de guitares tapageuses, au contraire ils prévilégient l'electronique, les arrangements de cordes et le turntablism. Un joli pari.


CONCOURS. Le mieux est encore d'aller découvrir vous-même ces groupes en envoyant un envoyant un petit mail à manu arobase chezmanucbien point net (objet: custom c'est bien). Les plus rapides d'entre vous gagneront 2 places pour ce mardi, c'est à 21 heures.

Tous des voleurs!

Klezmer tome 3 Tous des voleurs par Joann SfarRares sont les auteurs de bédé à offrir à leur lecteurs une expérience musicale, et pas n’importe quoi : du klezmer. mais Klezmer c'est quoi!? Groupe de rock ? Instrument de musique ? Contrée particulièrement à l’Est ? Pour Joann Sfar, c’est un peu tout cela et plus encore. On reprend l’histoire là où on l’avait laissée. Dans le troisième épisode de Klezmer (Gallimard) intitulé "Tous des voleurs!" tous les musiciens se retrouvent impliqués dans des affaires louches : coups de poing avec les Gitans, cambriolage d'un magasin de guitares, cadavres encombrants, etcaetera. Et voilà qu’apparaît Michka Yaponchik, roi des voleurs, le parrain juif d'Odessa...
Intarissable raconteurs d’histoire, Joann Sfar est un auteur protéiforme qui aime bousculer l’imaginaire du lecteur, au même titre qu’un roman pourrait le faire. Il sait retranscrire avec finesse dans ses dessins les grandeurs et les faiblesses de l’homme. Son style varie d’une case à l’autre, en fonction de la complexité d’un sentiment ou d’une idée ; le dessin chez Sfar reste en mouvement : le crayonné est sensuel, les couleurs bougent. A la manière d’un professeur, il raconte dans ses carnets ou bien parfois en annexes comment s’y prendre pour faire rayonner une aquarelle et où chercher la lumière. On prend plaisir à découvrir quelques subtilités musicales en même temps Yaacov qui prend des leçons de guitare. Construites comme une partition de musique, les aventures de la troupe klezmer se découpent en mouvements, avec ses solos narratifs et ses dialogues rapides. Do ré mi fa sol font les notes sur le papier, l’imagination sonorise le reste. C’est juste fantastique de voir que dans les pages de Joann Sfar les personnages vivent, la musique résonne.

La tête au carré



Le vinyle c'est mieux, oui mais surtout ça permet de faire des jeux qui ne servent à rien. Prenez une disque, et créez autour de la photo une sorte de mystification: une ou plusieurs personnes cachent ou augmentent une partie de leur(s) corps avec une ou plusieurs pochettes de disques. Le challenge du "sleeveface" est réel, et le groupe facebook qui lui est dédié cartonne. Pas de compte sur facebook? Faites comme moi, allez plutôt voir du coté de Oh no they didn't ou de TMZ.

Top of the Pops (3)

SHANTEL, Bucovina Club tour

L'année 2007 aura été riche en concerts de toutes sortes. Il m'est impossible de me rappeler tous les artistes vus sur une scène, mais on aura pri une grosse claque avec DJ Shantel, Animal Collective et les autres.
1. DJ Shantel à Babylon, le 17 avril à Istanbul. Putain ! Shantel fêtait son anniversaire dans une ambiance de fête façon Europe de l’est. Il fait péter le champagne, sert des verres de vodka, en mélangeant chants de Balkans et polka électronique. Venus juste pour faire un tour après le concert de Marc Ribot, Shantel nous a tenu jusqu’à 4h avec les tubes tsiganes inépuisables de ses Bucovina clubs. Le public le porte même en triomphe dans le petit club du Babylon. (en photo, mais pas au Babylon)
2. Animal Collective à la Maroquinerie, le 17 juillet à Paris. D’un disque à l’autre, les apparitions sur scène d’Animal Collective sont radicalement surprenantes. Ils prennent une nouvelle fois tout le monde à contre-pied en jouant une folk chamanique et futuriste, maintenant beaucoup plus tournée vers l’électronique. Magie noire ou magie blanche peu importe : juste devant la scène, nos corps s’agitent d’une transe étrange. Panda Bear fêtera même son anniversaire ce soir-là !
3. LCD Soundsystem à la Route du Rock, le 17 août à St Malo. Passage obligé pendant l’été, le festival nous offrait James Murphy et sa clique le dernier soir, la cerise sur un gâteau déjà énorme ! Les titres de Sound of Silver explosent en live, on croirait entendre Wire, the Fall, Daft Punk, et les Talking Heads réunis. Le concert est forcément trop court.
4. Beirut à la Flèche d’Or, le 30 août à Paris. Pour sa première soirée à emporter, la Blogothèque invitait Sebastien Schuller, Sparrow House, Herman Düne à jouer partout dans la salle, sauf sur la scène. Zach Condon émerveille la Flèche d’or pleine à craquer quand déboule la fanfare gypsy du Kocani Orkestar pour une heure de show en duo qui démarre sur "Sunday smile". C'est un rêve de gosse pour Beirut, largement partagé.
5. Björk à Rock en Scène, le 26 août à St Cloud. C’était la première fois que je voyais ce petit bout de femme hirsute de mes propres yeux. Un show d’une grâce exceptionnelle, porté par une voix divine et des arrangements subtiles, une chorale, des machines expérimentales... Björk dompte la grande scène de Rock en Seine avec brio. Volta, loin d’être le meilleur album de l’année, fonctionne pourtant parfaitement sur scène et sa venue parisienne restera dans le top de l'année.

Concours Soirées Nomades

En marge des expositions Lee Bul et Robert Adams à la Fondation Cartier, les Soirées Nomades organisent une série de concerts qui se termine par la venue de Chris Garneau le 17 janvier, et du projet "Just That" le 24. La classe. À la fois fragile et profonde, aérienne et vibrante, la voix de Chris Garneau est aussi surprenante que sa personnalité inclassable. Accompagné sur scène d’un piano et d’un mélodica aux accents mélancoliques, il distille avec un magnétisme ravageur des mélodies pop-folk feutrées ou mordantes, émouvantes et pleines d’humour, embarquant son auditoire dans un univers intime et sensible. Plus originale, la rencontre entre les mots et la musique du projet "Just That" met en scène trois têtes chercheuses issues de divers courants des musiques actuelles : musique contemporaine pour Carol Robinson, rock anglais et musique du monde pour Dave Randall et hip-hop pour Mike Ladd. Un évènement unique, qu'on attend de pied ferme.

Concours express: gagnez 2x2 places pour chacun des concerts à la Fondation Cartier, en envoyant par mail l'année de naissance de chacun des artistes présents, en précisant pour quel concert vous jouez. concours (arobase) chezmanucbien.net, résultat par mail mardi.

Nova Godina!

Le réveillon sera tsigane ou ne sera pas. Les douze coups de minuit ont déjà sonnés quand j’arrive à la Bellevilloise. Comme moi, beaucoup de monde se presse entre le Halle aux Oliviers et le Club d’où parviennent les sons des cuivres et la ferveur de l’Est. Ca sent l’alcool et la fête. Largement inspiré par les fanfares de Serbie, le Ziveli Orkestar garde l’authenticité du répertoire traditionnel des Balkans. On n’est pas loin des films de Kusturica, les morceaux n’en finissent plus. A grands coups de tubas, trompettes et caisse claire, les huit musiciens du Ziveli foutent un bordel pas croyable. La tête en arrière et les mains en l’air, ce soir on chante on danse on se bouscule. Pas comme d’habitude. Il y a dans la musique gipsy une authenticité palpable, les cuivres utilisent le même language, ils parlent au cœur. Il est 3 heures du matin et ils pénètrent le public pour un dernier titre, seul un bout de tuba dépasse. Infatigable, le Club ne désempli pas pour DJ Tagada venu avec ses cartons de musique balkanique, électronique et tsigane. Ca ne vaut pas Shantel mais ca marche quand même.
PS: Parait-il que c’est très bien, on me recommandait hier soir le "Vrai-faux mariage" de
La Caravane Passe présents eux aussi ce soir.

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