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Initiales B.O.

lalo schifrin a paris

Un concert comme celui-ci, on en rêvait. L’auteur compositeur des plus grandes bande-originales de films nous a fait l’honneur de sa présence lors d’un concert à Paris, qui plus est en compagnie d’un orchestre. Un événement unique, dont on attendait beaucoup. Peut-être même trop. Avec un nom comme Lalo Schifrin, on ne peut qu’avoir la classe. Cela fait cinquante ans que le pianiste argentin le prouve : Operation Dragon (à voir ci-dessous), Mission Impossible, Luke la Main Froide, Dirty Harry... des classiques, pourtant composés de manière discrète . On ne compte plus le nombre de fois où l’on entend « Ah ! C’est de lui ? ». Oui c’est de lui. Voilà pourquoi je me dirigeais moite et fébrile vers la Grande Halle de la Villette où Sir Schifrin nous avait donné rendez-vous, moyennant un petit investissement financier.

Du haut de son mètre soixante et de ses 76 ans, on peut dire que Lalo connaît encore son métier. Donnez-lui un piano et vous verrez qu’on lui la fait pas. S’exprimant dans un excellent français à l’accent charmeur, il parvient vite à capter son public, lui expliquant chacun de ses morceaux, ses inspirations, brièvement sa vie. Il dirige, il joue, il est à l’aise, le temps ne compte plus, c’est parti pour trois heures de concert. 23h15, la salle se vide. On reprend un peu ses esprits, et les critiques tombent. Une semi déception. Au lieu de nous jouer ses thèmes de films mythiques, nous avons eu droit à un éventail d’hommages aux grands du milieu, si bien qu’on avait malheureusement l’impression d’assister au concert de quelqu’un d’autre. Le coté jazz-de-papy n’était pas non plus pour plaire aux plus jeunes. Au final, nous n’avons eu droit qu’à un Mission Impossible digne de ce nom, et vu le sourire qu’il nous a adressé en jouant les premiers accords, il attendait ça autant que nous. Ne boudons pas notre plaisir, à défaut d’être inoubliable, ce fut juste une bonne soirée.



Jackson / Koons, rois de la pop

Jeff Koons - Michael Jackson and Bubbles

C’est l’évènement de la rentrée. On nous l’avait promis, impossible de ne pas en entendre parler, Jeff Koons expose dans le palais de Versailles. Moi aussi j’ai profité du vernissage pour aller la voir cette expo et boire du champagne. Il était 22h30, j’étais le dernier visiteur avant la fermeture, et suis tombé nez à nez avec « Mickael Jackson et Bubbles » dans le salon de Venus ! Là devant moi, grandeur nature, le roi de la pop avec son singe favori (1988). Une superbe porcelaine peinte, polychrome et dorée à la feuille d’or. Kitchissime.

D’après sa bio, Jeff Koons s’intéresse dès ses débuts à la publicité et les médias, c’est son truc, il y croit : « Mon art et ma vie personnelle sont basés dessus ». Alors évidemment, entre le mouvement dada et le minimalisme, Koons fait aussi référence au pop-art, et s’inspire de la culture populaire, et de l’industrie du divertissement en particulier pour communiquer avec l’audience la plus large possible.
Justement en 1988, l’album Bad de Michael Jackson vient de sortir établissant un nouveau record - cinq singles sont classés numéro 1. A cette époque le roi de la pop raffle tous les grammy, il tourne partout dans le monde et déchaîne les fans, vends du Pepsi ; bref Michael Jackson est une superstar de la consommation de masse. D’abord ironique (placée au milieu du salon de Venus et d'Appolon) la sculpture crée un sentiment de malaise. La peau est exagérément blanche, et la ressemblance entre lui et son singe est frappante : les mêmes habits et les mêmes lèvres dessinées. Un peu sonné et pressé par les vigiles qui ferment la marche, je continue ma déambulation dans les appartements du roi et fonce au bar reprendre une coupe.


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