New Order Blue Monday Peter Saville

Blue Monday sort en mars 1983 sur Factory Records. Imitant une disquette souple informatique de 4 pouces, le disque est aujourd’hui une référence du design : une pochette en adéquation parfaite avec son contenu, exposée dans les musées. C’est ce qui arrive quand la musique et son support expriment une seule et même volonté artistique. Mais Reprenons. Bâti sur les cendres de Joy Division, New Order transforme la musique de chambre froide en hymnes artificiels. En forme d’adieu/hommage à Ian Curtis, « Ceremony » ouvrira la voie à une nouvelle formule entièrement basée sur des boucles de bandes et de batteries.
L’homme aux manettes de la Factory,
Tony Wilson, choisit de confier la réalisation artistique de la pochette à Peter Saville, un designer génial fan d’art contemporain et de pop art. Mais voilà, entre les retards permanents de Saville et la mauvaise gestion de Wilson, la diffusion du disque est à deux doigts de la catastrophe. A eux deux, ils finissent par créer le single le plus cher de l’histoire, un disque dont chaque vente fait perdre presque une livre au label !

Avec sa pochette avant-gardiste découpée avec soin, le disque coûte en fait plus cher que le prix de vente du disque. Mais Saville s’intéresse moins à la rentabilité d’un projet qu’à sa recherche esthétique, et en particulier à un plasticien du mouvement pop-art, Claes Oldenburg, qui réalise de grandes scupltures d’interrupteurs, de brosse à dent ou de pince à linge. Il découvre en parallèle les disquettes lors des séances d’enregistrement du groupe. C’est à peu près comme ça que lui vient l’idée de produire une grande disquette souple de 12 pouces, en y ajoutant toutes sortes de détails qui en font un réel objet d’art : des trous à l’identique au milieu et sur la tranche de la pochette, et un mystérieux code couleur révélant l’identité du disque. Un procédé génial qu’il reprendra d’ailleurs sur l’album de New Order, Power, Corruption And Lies (1983).
Depuis,
Blue Monday est rentré dans les annales comme étant le single le plus vendu de l’histoire. C’est aussi le plus beau, le plus légendaire des singles vinyle que certains collectionnent d’ailleurs : le site bluemondayownersclub.com offre une galerie d’heureux détenteurs posant avec la célèbre pochette. Comme le dit très justement Claes Oldenburg, « Une œuvre n’est pas quelque chose de beau à regarder, sa valeur c’est d’être une école de pensée. L’important est l’image mentale qu’elle imprime. »

 

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