tv on the radio

J’ai découvert Brian Alesi au travers de la pochette qu’il a réalisé pour TV On The Radio. Crédité en tout petit au verso de Desperate Youth, Blood Thirsty Babes (Touch & Go, 2004), le photographe a accepté de répondre à quelques questions au lendemain de l’élection américaine. Un courrier dans lequel il est question de son travail, de ses influences et de la genèse d’une pochette absolument culte.

Je me souviens avoir découvert TV On The Radio un peu par hasard, d’abord à cause de son nom génial et énigmatique, puis d’être resté solidement à l’écoute de cette excitant mélange qui pour la première fois brassait avec un naturel déconcertant blues, post-rock, saoul et new-wave. Derrière la décharge électrique de la pochette de leur premier album, les new yorkais dévoilaient en 2004 une écriture héritée des poètes de la beat generation, une basse vrombissante et des tum-tum-tum à cappela qui résonnent encore dans ma tête. Et par-dessus tout, la chaleur brûlante de Tunde Adebimpe brouillant un peu plus les pistes.

Il y a quelques jours, j’ai fini par retrouver la photo utilisée pour illustrer cette révolution musicale. Intitulé « Drive » elle est présentée dans le portfolio de Brian Alesi, au milieu d’une série de clichés flous où il est d’avantage question d’impression esthétique que de sujets concrets.

Brian Alesi est un vieil ami de David Sitek, rencontré à Austin (dont ils sont tous deux originaires). Sitek lui fait écouter les premières maquettes de ce qui deviendra Desperate Youth, Blood Thirsty Babes et ensemble ils choisissent ce qui servira d’introduction à la musique de TV On The Radio. Il m’explique que cette photo a été prise lors d’une de ses premières expérimentations en bougeant et secouant son nouvel appareil, où le feu arrière des voitures provoque une sorte de tension électrique, un éclair foudroyant.

« Je prends des photos pour le frisson que j’ai à capturer une image vraiment fantastique. J’adore aller chasser avec mon appareil. Le photographe est un chasseur, l’appareil est son arme et vous êtes en expédition. C’est une sorte de chasse où je peux rester derrière. » Sa vocation, Brian la doit autant à des références comme Richard Avedon et Nan Golden qu’à la simplicité d’Uta Barth, le style de Anton Corbijn et des Starn Twins, ou les peintures de Gerhard Richter. Sa femme Stella y est aussi pour quelque chose, c’est elle qui lui a appri la photographie ; aujourd’hui ils s’influencent mutuellement.
Quatre ans et trois albums plus tard, TV On The Radio continue de subjuger et de posséder les esprits. Ils seront le 1er décembre au Bataclan.

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