Lucky dragons

“Make a baby” est le terme générique d’une série d’expérimentations visant à utiliser le contact de la peau comme moyen de faire de la musique électronique, en transmettant et contrôlant les données pour créer un environnement social positif. Les membres du public sont invités à participer, à construire et supprimer les ondes négatives en passant les signaux d’une peau à une autre. Le concept est prodigieux et c’est le dernier-né des projets de Lucky Dragons.

Dimanche soir, j’appelle un pote pour le prévenir. Je lui dis que Lucky Dragons ils sont formidables, qu’ils font le tour du monde avec leurs projets mêlant musique et arts plastiques, que leur création est participative, que j’étais allé les voir à Beaubourg en 2006 et qu’ils sont passés l’année dernière au Palais de Tokyo. Que j’ai même acheté un disque. Je lui dis qu’il y a chez eux ce truc qu’avait Animal Collective à leurs débuts, que ce sera avec une quarantaine de personnes dans un appartement du 11ème arrondissement et que je viens d’avoir par miracle les deux dernières places d’un concert archi complet !

Alors on y va. Il y un petit message d’excuse pour les voisins dans l’ascenseur. Le petit studio est plein à craquer ; il doit y avoir là les mêmes personnes qui traînent dans tous les concerts indie de la capitale, ceux qui vont voir Liars, Lightning Bolt et Daniel Johnston. Dans la cuisine, la bière à un euro coule à flot et la maîtresse de maison a même préparé des gâteaux. Tout concorde à fédérer l’esprit communautaire et bricolo-hippie du groupe de Los Angeles.

Les deux membres de Lucky Dragons se sont accroupis sur le grand tapis du salon. Nous sommes recueillis autour d’eux comme des enfants à qui l’on va raconter une histoire ; une histoire composée de chamanes et de boucles organiques. Je scrute devant moi les câbles recouverts de laine colorée, le piano à pouce et les maracas reliés à une console de mixage. Bientôt c’est à notre tour d’intervenir sur ces instruments bizarres, d’ouvrir bien grands les yeux et de jouer avec l’énergie des pierres, de créer un réseau communautaire avec les pores de la peau, de composer avec une poignée de main différentes couleurs musicales. Un maillon vient s’ajouter dans la chaine humaine et c’est l’écran au plafond qui s’illumine, qui se décompose en une foultitude de pixels hystériques.

On sort de là sans savoir vraiment ce à quoi à assisté : est-ce une révolution digitale ? Une performance artistique ? Une expérience mystique ? A vrai on n’en sait rien mais une chose est sûre, on est devenu croyant.


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