manifesto | contact | musique etcetera
  
  Musiques Electroniques

La discothèque de Chezmanucbien rassemble des disques cultes, des albums incontournables qui m'ont vraiment marqué. On voudrait en mettre plus, mais par esprit de sélection et un peu par paresse en voici quelques uns qu'on voudrait vous faire partager.







   
 
Syd Matters - a whisper and a sight
  SYD MATTERS
A Whisper and a Sight
V2/Sony Music (2003)

Dans sa chambre, Syd Matters travaille ses morceaux comme un mathématicien. Dès l'ouverture, un monde aquatique ou nagent, dans une confusion toute géométrique, des notes fines et liquides. Une expérience fabuleuse perdue entre les abscisses de guitare sèche et des nappes numériques bien ordonnées. Difficile de décrocher. Avec quelques accords épurés, Syd Matters dessine des courbes intimistes, profondément sensorielles. L'influence de Pink Floyd y est pour quelque chose. On est plongé dans une rêverie planante, ponctuée ça et là par des petites notes synthétiques. Cette mélodie suave rassure et embrasse un océan de sentiments nostalgiques, presque amers, où on voudrait barboter pendant des heures. Un peu réservé, Jonathan Morali (de son vrai nom) n'en fait jamais trop : il préfère les ballades et les mélodies simples pour y peindre une harmonie ludique jouée avec ses dix doigts. En 2003 il est le nouveau talent du concours des Inrockuptibles, une perle rare ; bref un génie des formes. CQFD.

reportage: Syd Matters au Plan, Ris-Orangis - Fevrier 2006

 
2 many dj's
  2 MANY DJ'S
As Heard on Radio Soulwax pt.2
Pias/Play it Again (2002)

les 2 belges du groupe Soulwax ont pris leurs disques préférés et se sont amusés à les mixer et remixer entre eux, dans tous les sens, en prenant soin de mélanger joyeusement les genres, de la manière la plus incestueuse qui soit. on retrouve ainsi les derniers titres de Royksopp, Felix da Housecat, ou Basement Jaxx, ainsi que les mythiques Stooges, Velvet Underground, Cramps et les Breeders. les trente et un titres s'enchaînent de façon étourdissante, nous faisant accepter parfois quelques nullités revisitées, à l'image de "Destiny's Child / 10CC", ou même le remix (caché) affolant de Kylie Minogue. ils se font plaisir, le disque est bourré d'arrengements géniaux et de surprises en tout genre; c'est carrément dingue. 2 Many Dj's sont devenus malgré eux les pionniers d'un genre nouveau : le 'bastard mix'. une affaire à suivre.

 
daft punk _pochette
  DAFT PUNK
Homework
Labels/Virgin (1997)

tout commence sur Wdpk 83.7 FM. Daft Punk a piraté les ondes et transformé le quartier en free-party jusqu'à l'arrivée des flics. départ précipité encore sous acide, auquel se mèlent souvenirs et acouphènes d'une house underground, de rock made in 80's. à coups de disco, de riffs de guitares et d'un "da funk" très efficace, on commence à partir sur des beats sincopés vers une destination de rêve. quelque part autour du monde on avance au rythme d'une basse métronomique; d'une démarche robotisée et progressive. petit à petit la potion fait son effet à mesures de "rollin'& scratchin'", de "rock'n'roll", entre synthés toturés et symbales hypnotiques ; pour aboutir à l'obsédant "burnin'" sur des rythmes impulsifs et disco. plus oppréssant, le délire se prolonge et la fatigue se fait ressentir à l'image des "oh yeah!" scandés sans vivacité. réveil au petit matin dans la voiture, étallé à l'arrière sur fond de "da funk" à rebourds, et d'une gueule de bois monstrueuse. daft punk, c'est très rock'n'roll.

 
chemical brothers
  THE CHEMICAL BROTHERS
Surrender
Virgin/EMI (1999)

une bonne dose d'influence rock et des invités prestigieux (parmi lesquels Oasis, Mercury Rev, Primal Scream et même New Order) les prodiges de Manchester savent nous faire bondir à grands coups de psychédélisme et de beats hypnotiques. savant mélange de dance, de pop et d'électro libre, Surrender est capable de vous faire bouger la tête et les jambes pendant des heures. chaque titre explose d'une énergie imparable : il y a "out of control" et sa basse métronomique, le rock bruyant de "let forever be" (incroyablement mis en clip par Gondry) et le tubesque "hey boy hey girl" partant en vrille sur une sirène indienne. de temps à temps, on redescends sur des rythmes plus lents à l'image de la ballade acoustique "dream on" ou encore "asleep from day" morceau onirique bercé par la voix de Dot Allison. le mélange est à la hauteur des espérances ; Surrender prouve qu'on n'est pas forcé de choisir entre dance et rock.

 
royksopp
  ROYKSOPP
Melody AM
Labels/Virgin (2001)

l'instant norvégien électro est représenté par un disque fort plaisant, celui de Torbjorn Brundtland et Svein Berge, les têtes dansantes de Röyksopp. un son élégant entre électro des années 70, 80, voir 90 ; et puis les morceaux sont sympathiques et joyeux, bien rythmés - "eple" - bref une musique ludique et mélodieuse. toutes ces petites merveilles s'enchaînent avec une fluidité impeccable, une vrai récréation, difficile de ne pas se dandiner sur les compositions impeccables. la simplicité étonnante et mesurée de "so easy" ouvre l'album sur un sample excellent, une mélodie entêtante de même que "poor leno" va chercher cet air entraînant sur des rythmes plus sophistiqués. les deux norvégiens maîtrisent leur créativité naissante, empruntant ici et là des échos de jeux vidéos et des sonorités décalées. un disque amusant et remarqué.

 
aphex twin
APHEX TWIN
Drukqs
Warp/EMI (2001)

sans conteste un pionnier et un précurseur dans le domaine de l'électro expérimentale, et une figure de proue du label Warp. On avait adoré le planant EP Windowlicker et nous voilà maintenant dans son double Drukqs. Ce névrosé y dépeint un univers schizophrène, utilisant ses samplers de manière complètement folle et des rythmiques frénétiques hallucinantes, pure représentation du génie musical sorti tout droit de son cerveau. en dehors de ses prouesses délirantes, l'album est ponctué d'interludes au piano, mettant en évidence un musicien surdoué qui sait jouer de l'émotion hors numérique, et qui permet aussi de se remettre de chacune des compositions abracadabrantesques telles que "vord hosba", "omgyiya-switch" ou "hy a scullyas lyf adhagrow". l'album ne compte pas moins de 30 titres, ce qui en fait une pièce gigantesque et presque trop vaste. unique.

manu(arobase)chezmanucbien.net

manifesto | contact | musique etcetera